SIRAT Obsèques musulmanes Les Pompes Funèbres Musulmanes SIRAT sont à votre service sur Nîmes, Montpellier, Alès
Home » Islam et spiritualité

Islam et spiritualité

L'invocation (Le dhikr)

L'invocation (Le dhikr) - SIRAT Obsèques musulmanes

Le Dhikr a été cité quatre vingt trois fois dans le Coran : il comprend la lecture régulière du Coran, la prière sur le Prophète[1] (paix et salut sur lui) et le tasbîh(l’invocation par les différentes formules).

En ce qui concerne l’invocation par les différentes formules dont la plus importante est « Lâ Ilâha illa Allah » on peut citer les versets suivants qui incitent le croyant à invoquer Dieu abondamment :

« Ceux qui ont cru, et dont les cœurs se tranquillisent (s’apaisent) à l’invocation d’Allah, n’est-ce point par l’invocation d’Allah que se tranquillisent (s’apaisent) les cœurs »[2].

«O, vous qui croyez ! Invoquez Allah d’une façon abondante »[3].

« La prière éloigne l’homme de la turpitude et des actions blâmables, mais l’invocation du nom de Dieu est ce qu’il y a de plus grand »[4].


L’invocation de Dieu (Lâ Ilâha illa Allah) a une importance capitale pour l'aspirant vers Dieu qui souhaite purifier son cœur et atteindre par là le degré d'excellence (Ihsân) : l’invocation aide le croyant à mieux accomplir les actes d’obligation comme la prière rituelle ou le jeûne car il permet d’acquérir une présence avec Dieu et d’atteindre un éveil de la conscience qui éloigne des péchés et des mauvaises pensées : le Dhikr agit en effet sur le cœur en le polissant et en le purifiant.


Le prophète (paix et salut sur lui) dit : « Les cœurs se rouillent comme se rouille le fer ». Un compagnon dit alors : « comment les polir ? », et le prophète (paix et salut sur lui) répondit : « par l’invocation avec la formule « Lâ Ilâha ila Allah » et le rappel de la mort ».

Le parole (Lâ Ilâha ila Allah) était le premier message passé par le prophète Sidna Muhammad (paix et salut sur lui) à sa communauté, il n’y avait pas de prescriptions autre que le Dhikr au début de la communication de l’Islam, car c’est par le biais de l’invocation abondante du Seigneur qu’on L’aime et qu’on obéit par conséquent sans peine à toutes Ses prescriptions. ‘Abdullah Ibn Busr –que Dieu l’agrée- a dit : un homme s’interrogea : « O Messager de Dieu ! Je trouve que les lois divines sont trop nombreuses, indique-moi une à laquelle je m’attache le plus ». Le prophète (paix et salut sur lui) lui répondit : « C’est, que ta langue ne cesse de mentionner Dieu »[5].

Par la mention abondante de Dieu on finira par L’aimer et L’adorer comme Il Se doit, et inversement si on L’aime, on se lassera jamais de Le mentionner.

Et Mu`âd Ibn Jabal a dit suite à ce Hadîth : « Il n’y a pas de chose qui éloigne du châtiment de Dieu autant que l’invocation de Dieu. ».[6]


La mention de Dieu est essentiellement la vie des cœurs :

Abû Mûsâ Al-Ash‘arî -que Dieu l’agrée- a dit : le prophète (paix et salut sur lui) a dit : « Celui qui invoque Dieu et celui qui ne L’invoque pas, sont comparables au vivant et au mort ».[7]


Abû Mûsâ Al-Ash‘arî -que Dieu l’agrée- a dit : le prophète (paix et salut sur lui) a dit : « La maison où on invoque Allah, et la maison où on n’invoque pas Allah, sont comparables au vivant et au mort »[8].


Un autre Hadîth montre l’importance et la valeur inestimable que Dieu accorde à son serviteur qui l’invoque. C’est un Hadîth rapporté par Abû Hurayra qui rapporte que le Prophète (paix et salut sur lui) a dit : « Dieu exalté dit : Je suis tel que Mon serviteur M’estime, et je suis avec lui s’il M’invoque. S’il m’invoque en lui-même, je l’invoque en moi-même, et s’il m’invoque dans une assemblée, je l’invoque dans une assemblée bien meilleure encore...» [9]

 

Notes :


[1] Nul ne peut prétendre aimer le Prophète sans prier sur lui abondamment (car si on aime quelqu’un on ne cesse de l’évoquer) :

« Dieu et Ses Anges bénissent le Prophète. O vous qui avez cru ! Invoquez pour lui (priez sur lui) sans cesse la bénédiction et le salut de Dieu » Sourate al-Ahzâb, 33, verset 56

Selon ‘Umar – que Dieu l’agrée –, le Prophète - que la Bénédiction et la Paix soient sur lui - a dit : « Chaque supplication est conservée dans le Paradis, et lorsque l’on prie sur moi, la supplication est envoyé [vers Dieu]. » (Tradition rapportée par At-tirmidhî)

Et dans le Hadîth Sahîh de Al-Bukhârî, il est rapporté : « A chaque fois que quelqu'un prie sur moi, Dieu me rend mon âme pour que je lui rende son salut. »

Et il est rapporté aussi :

« A chaque fois que quelqu'un prie sur moi une fois, Dieu prie pour lui 10 fois. »(Tradition rapportée par Al-Bayhaqî)

[2] Coran : Sourate 13, verset : 28.


[3] Coran : Sourate 33, verset : 41.

[4] Coran : Sourate 29, verset : 45.

[5] Rapporté par At-tirmidhî : le Dhikr rend les actes d’adoration plus aisés à accomplir et permet plus de présence avec Dieu dans ces actes.

[6] Hadîth Sahîh, rapporté par Ibn Mâja et At-tirmithî.
[7] Ce bas monde ainsi que tous ce qu’il contient est maudit, sauf l’invocation, ce qui s’y rattache et la science utile (pour celui qui l’apprend et celui qui l’enseigne), nous informe notre bien aimé Prophète (paix et salut sur lui) : Sunan At-tirmithî, le livre du Zuhd.

[8] Tradition rapportée par Al-Bukhârî, Hadîth 2089 (p 872) : le livre des invocations (73): « le sommaire du sahih al-bukhârî » par L’Imam Zein Ed-Dine Ahmed ibn Abdul-Latif A-Zoubaidi (Tome II).

[9] Hadîth rapporté par Al-Bukhûrî et Muslim selon Abû Mûsâ Al-ash‘arî

Le Pont Sirat

Le Pont Sirat - SIRAT Obsèques musulmanes

Après la reddition des comptes et la pesée des œuvres, les gens traverseront le pont jeté sur l’Enfer, appelé « As-Sirât ».

La traversée de ce pont s’impose à tous les gens : les Prophètes, les véridiques, les croyants, les incroyants, ceux qui auront à rendre des comptes comme ceux qui en seront dispensés. Seul se maintiendra sur le pont celui qui dans le monde d’ici-bas se serait maintenu sur la voie de Dieu, qu’est la religion vraie. Nous lisons dans certains hadiths authentiques que la traversée de ce pont par les gens sera en fonction de leurs actes : Les uns le traverseront avec la rapidité des astres en chute, d’autres comme le vent, d’autres en un clin d’œil, d’autres comme un marcheur rapide. Celui qui n’a à son actif que peu de bonnes œuvres traversera le pont avec beaucoup de difficultés, en s’écroulant et en s’agrippant. Et ses flancs seront touchés par le feu. Ceux qui le traverseront diront : «  Louange à Dieu qui nous a préservés de toi après nous avoir exposés à ton épreuve. Il nous a, certes, donné ce qu’il n’a donné à personne ».

Il existe au sujet du Sirât une somme de hadiths authentiques. Al-Boukhari et Mouslim rapportent, d’après Abou Hurayra (rad) :

«  Des gens ont dit au Prophète : « Ô Envoyé de Dieu ! Verrons-nous Notre Seigneur le Jour de la résurrection ? » Il répondit : « Avez-vous quelque difficulté à voir la pleine lune quand aucun nuage ne la cache ? » Non ! Ô Envoyé de Dieu ! « Eh bien ! Vous le verrez comme vous voyez la pleine lune. Dieu rassemblera, le Jour de la résurrection, les gens et leur dira : « Que celui qui adorait une chose la suive ». Certains suivront le soleil, d’autres la lune, d’autres les fausses divinités « Taghût ». Ne resteront que les croyants de cette communauté auxquels seront encore mélangés les hypocrites. Se présentant à eux sous une forme qu’ils ne Lui connaissent pas, Dieu leur dira : « Je suis votre Seigneur ». Ils rétorqueront : « Nous demandons la protection de Dieu contre toi ». Nous ne bougerons pas tant que Notre Seigneur ne viendra pas à Nous. A sa vue, nous Le reconnaîtrions, Dieu Exalté soit-il se montrera alors à eux sous la forme qu’ils connaissent et dira : « Je suis Votre Seigneur ». Ils diront : « Certes oui, Tu es Notre Seigneur ». Et ils le suivront. Puis on jette le pont sur l’Enfer. Nous serons moi et ma communauté, les premiers à le traverser. Ce jour-là, ne prendront la parole que les Messagers. Ils ne cesseront de dire : « Ô Seigneur Dieu sauve ! sauve ! ». Sur le pont, se trouveront des crochets semblables aux épines du chardon. Avez-vous déjà vu un chardon ? Les gens dirent : « Oui Ô Messager de Dieu ». Il dit : « Eh bien ! Ces crochets ressemblent aux épines du chardon, sauf que Seul Dieu en connaît les dimensions. Ils happent les gens selon leurs œuvres. Les croyants seront, du fait de leur labeur, saufs. D’autres seront frappés, jusqu’à ce que Dieu les sauve ».

La traversée du pont est celle que mentionne Dieu dans ce verset : « Il n’est personne parmi vous qui ne doive passer par l’Enfer » (S 19 : V 71). Mouslim rapporte que l’Envoyé de Dieu (saws) a dit : « N’entrera en Enfer, si Dieu le veut, aucun des Compagnons qui ont fait serment sous l’arbre. Hafsa (que Dieu l’agrée) récita alors : « Il n’est personne parmi vous qui  ne doive passer par l’Enfer ». Le Prophète (saws) lui répondit : « Certes, Dieu dit : « Puis, Nous sauverons les pieux et y laisserons les coupables à genoux » (S 19 : V 72), indiquant ainsi que le passage par le Feu n’implique pas qu’il faille y entrer.

Selon Ibn Mas’oud, le pont de l’Enfer est semblable au fil d’une épée. La première catégorie de gens passe comme l’éclair, la deuxième comme le vent, la troisième comme le meilleur cheval de race, la quatrième comme l’âne le plus rapide puis les gens passeront tandis que les anges diront : « Seigneur Dieu sauve-les, sauve-les ! » (Ibn Jarir).

Selon al-Moughira ibn Cho’ba, le Prophète (saws) a dit : « On reconnaîtra les croyants sur le pont le jour de la résurrection à ces paroles qu’ils ne cesseront pas de répéter : « Seigneur sauve-nous, sauve-nous ! » (at-Tirmidhi et al-Hakim).

Ibn Mas’oud dit : « Tous les gens viendront au pont c’est-à-dire qu’ils se tiendront debout au-dessus de l’Enfer. Puis ils traverseront le pont selon la qualité de leurs œuvres. Certains d’entre eux passeront comme l’éclair, d’autres comme le vent, d’autres comme l’oiseau, d’autres comme le meilleur cheval de race, d’autres comme le meilleur chameau, d’autres comme un coureur humain si bien que le dernier à traverser le pont est un homme dont la lumière est au niveau de son gros orteil et elle lui permet de passer sain et sauf.

Une fois qu’ils l’auront traversé, les croyants seront retenus sur une passerelle entre le Paradis et l’Enfer pour régler leurs comptes et être quittes les uns à l’égard des autres. Lorsqu’ils seront purifiés, permission leur sera donnée d’entrer au Paradis. Abû Sa’id Al-Khudri (rad) rapporté que l’Envoyé de Dieu (saws) dit : « Lorsque les croyants échapperont au Feu ils seront retenus sur un pont entre le Paradis et le Feu. Là, ils régleront leurs comptes. Purifiés, l’autorisation leur sera donnée d’accéder au Paradis. Je jure, par Celui qui détient l’âme de Muhammad dans Sa main, qu’ils connaissent leurs demeures au Paradis plus qu’ils ne connaissent celles qu’ils ont dans le bas monde » (al-Boukhari).

Le contentement du décret divin (Ridâ)

Le contentement du décret divin (Ridâ) - SIRAT Obsèques musulmanes

La vie est parsemée d'épreuves, qui surviennent toutes par miséricorde divine, pour nous éduquer, nous purifier...

Ainsi la perte d'un être cher provoque t-elle bien souvent une sensation de profonde tristesse, mais doit être également le support d'une élévation spirituelle vers Dieu.

Le contentement (arrida), est un état du cœur. Le croyant, qui atteint cette station, est capable d’affronter les aléas de la vie et les problèmes avec foi, sérénité et un cœur apaisé. Il pourrait même aller au-delà de cela en ressentant de la joie à la rencontre des choses prédestinées, grâce à la connaissance de Dieu et son amour sincère envers Lui.

 

Sidi Ahmad Ibn ‘ajîba nous définit succinctement « ArriDâ »:

 « Le contentement est d’accueillir les fatalités avec un visage souriant, ou une joie du cœur à l’arrivée du destin, ou de laisser le choix à Dieu dans ce qu’il entreprend et décide, ou une dilatation intérieur et la non objection de ce qui vient de la part de l’Unique tout Puissant ».

(Glossaire de la terminologie soufie du Shaykh Sidi Ahmad Ibn ‘Ajiba)

Le savant Albakrâwî raHimahu Allah disait aussi : 

 « Le contentement est le bien être intérieur, quelque soit ce qui l’atteint ou le dépasse, sans changement ».

Le contentement est plus noble que la patience, c’est en effet une paix spirituelle qui fait aimer au croyant tout ce qui plait à Dieu. Il voit même les épreuves de la vie comme étant un bien et une miséricorde.

 

Sayyiduna Bilal, alors qu’il vivait ses derniers instants, disait : « Ô Joie ! Demain je retrouve les plus chers, Muhammad et ses compagnons ».

Le Prophète Muhammad, Paix et salut d’Allah sur lui, expliquait que celui qui sait être content de ce qui lui est destiné par Dieu est le plus riche du monde, puisqu’il est le plus heureux de tous et le plus apaisé, et le plus éloigné de la tristesse. La richesse n’est en effet pas la quantité importante d’argent, mais une richesse du cœur par la foi et le contentement.

Il est de même rapporté d’après Anass ibn Mâlik, par Attirmîdî , que le Prophète, paix et salut d’Allah sur lui a dit :  « Celui qui dit, matin et soir, « nous acceptons Allah comme Seigneur, l’Islam comme religion et Muhammad paix et salut d’Allah sur lui comme Messager », Dieu se devra de le satisfaire ».

Précisions des idées concernant le contentement

Quelques précisions concernant le contentement sont nécessaires car certains contestent l’idée du contentement. L’Homme est en effet ennemi de ce qu’il ne connait pas.

I-               Certains refusent complètement le contentement justifiant qu’il n’est pas possible de se satisfaire de ce qui va à l’encontre de nos envies, seule la patience serait possible.

  1. a.La réponse est que le croyant pourrait ressentir les épreuves de par leur nature et/ou leur ampleur. Il en est cependant satisfait par sa raison et sa foi en la grande récompense en résultant et le fait que ces épreuves évitent d’autres choses plus graves. Ce comportement est le même pour un malade qui prend des médicaments, qui auraient un mauvais goût ou qui lui font sentir des douleurs ponctuelles, il sait cependant que c’est une condition sine qua none à sa guérison.
  2. b.Par ailleurs le croyant qui aurait un grand amour de Dieu en son cœur pourrait même ne plus sentir l’ampleur des épreuves. Un des compagnons par exemple devait se faire amputer la jambe (connaissant les moyens artisanaux de l’époque...), il avait demandé à ce qu’on le fasse pendant sa prosternation. Il n’avait ainsi pas ressenti, physiquement, cette douleur!

II-              Le contentement amènerait le croyant à une acceptation des actions des mécréants et une satisfaction des choses qui iraient contre l’Islam.

  1. a.La réponse à cela est que le contentement est un contentement de ce qui émane de Dieu. Ce qui n’empêche pas de respecter la chari’a et de ne pas accepter ce qui va à son encontre.

III-            Le contentement ferait selon certains, oublier les dou’a et le service de Dieu, ainsi que l’action (daf’ bi l-asbâb) pour atteindre le bien.

  1. a.La réponse est que le croyant, bien au contraire, cherche à avoir la satisfaction de Dieu. Il fait donc ce qui satisfait Dieu. Dans surate Ghâfir – verset 105 « wa quli ‘malû fa sa yarâ Allahu ‘amalakum wa lmu-minû», i.e. : « et dis : travaillez, Dieu verra votre travail, ainsi que les croyants ».

Nous conclurons en rapportant l’exemple du meilleur des créatures et l’imam de tous les prophètes, sayyidunâ Muhammad , paix et salut d’Allah sur lui, qui le jour de Tâ-if, alors qu’il avait été blessé par les pierres des mécréants, son seul dou’a à Dieu était : « -In lam takun sâkhiTan ‘alayya fa lâ –ubâlî », i.e. « si Tu ne m’en veux pas, cela ne me fait rien ».

Dieu n’est d’ailleurs content de son serviteur que lorsque son serviteur est content de Lui, comme indiqué dans surate Al bayyina, v.8 «  raDiya Allahu ‘anhum wa raDû ‘anh », « Dieu est satisfait d’eux, et ils sont satisfaits de Lui ».

ArriDâ est par ailleurs très proche du tawakkul (remise confiante à Dieu) , il en est une condition nécessaire et le complète.

Les niveaux de l'Islam : Hadith de Jibril

Les niveaux de l'Islam : Hadith de Jibril - SIRAT Obsèques musulmanes

Les niveaux de l’Islam sont explicités dans le Hadîth prophétique (dit Hadîth de Gabriel) rapporté par le compagnon ‘Umar Ibn Al-khattâb (qu’Allah l’agrée) :


« Un jour que nous étions assis auprès de l’envoyé de Dieu (qu’Allah prie sur lui et le salue) voici qu’apparut à nous un homme aux habits d’une vive blancheur, et aux cheveux d’une noirceur intense, sans trace visible sur lui de voyage, personne parmi nous ne le connaissait.

Il vint s’asseoir en face du prophète (qu’Allah prie sur lui et le salue) plaça ses genoux contre les siens et posant les paumes de ses mains sur ses deux cuisses, il lui dit : O Muhammad : informe moi au sujet de l’Islam[1]. L’envoyé de Dieu (qu’Allah prie sur lui et le salue) lui répondit : l’Islam est que tu témoignes qu’il n’est de divinité si ce n’est Allah et que Muhammad est l’envoyé d’Allah ; que tu accomplisses la prière ; verses l’aumône, jeûnes le mois de Ramadan et effectues le pèlerinage vers la maison sacrée si tu en as la possibilité. Tu dis vrai ! dit l’homme. Nous fûmes pris d’étonnement de le voir, interrogeant le Prophète, approuver.

Et l’homme de reprendre : Informe moi au sujet de la foi [2](al- îmân). « C’est, répliqua le prophète (sur lui la paix) de croire en Allah, en ses anges[3], en ses livres, en ses prophètes, au jour Dernier et de croire dans le destin[4] imparti pour le bien et le mal ».

Tu dis vrai, répéta l’homme qui reprit en disant : informe moi au sujet de l’excellence (al-Ihsân) "c’est répondit le prophète (sur lui la paix et le salut) que tu adores Dieu comme si tu Le voyais, et si tu ne le vois pas, sache que Lui te voit."

L’homme dit : informe moi au sujet de l’heure. Le prophète (sur lui la paix) répondit : "L’interrogé n’en sait pas plus que celui qui l’interroge".
L’homme demanda alors : Quels en sont les signes précurseurs ? "C’est dit le prophète (sur lui la paix) lorsque la servante engendrera sa maîtresse, et lorsque tu verras les pâtres miséreux, pieds nus et mal vêtus rivaliser dans l’édification de constructions élevées."
Là- dessus l’homme s’en fût. Quant à moi je restai un moment. Ensuite le prophète (sur lui la paix) me demanda : O, Omar ! Sait tu qui interrogeait ? Je répondis : Allah et son envoyé en Savent plus. "C’est Gabriel dit le prophète (sur lui la paix) qui est venu vous enseigner votre religion." »[5]

Notes de bas de page:

[1] Le premier niveau peut être vécu par tout le monde mais pas le second niveau qui est la foi.

[2] Cet état exprime que ce que l’on reconnaît par la langue l’est aussi par le cœur. Le fidèle qui vit l’état de la foi ne se contente pas d’accomplir les cinq piliers, sa vie intérieure en est le reflet. Nul ne pourra rentrer au Paradis sans avoir la foi et nul ne pourra prétendre à la foi sans aimer son prochain.

[3] Les anges sont des êtres purs créés par Dieu à partir de la lumière : leur mission est d’adorer Dieu, Lui obéir et de prier (demander le pardon pour les croyants entre autre) : parmi les plus connus des anges on cite : Jibrîl (Gabriel), Mikâîl,’Azrâîl (l’ange de la mort), Mâlik (l’ange qui garde l’Enfer), Ridwân (gardien du Paradis)…. Dieu dit : « Ceux qui portent le Trône et ceux qui l’entourent chantent la gloire et la louange de leur Seigneur et croient à Lui. Ils implorent rémission pour ceux qui ont cru : « Seigneur ! Ta miséricorde, et Ta science ont la contenance de toute chose. Absous ceux qui sont revenus repentant et ont suivi Ta voie et préserve-les du supplice de Fournaise ardente » Sourate 40, verset 7.
Dieu dit aussi à ce propos:
"C'est à Lui qu'appartiennent ceux qui sont dans les cieux et en terre , et ceux qui sont auprès de Lui (les anges) ne se sentent nullement trop grands pour L'adorer et n'en éprouvent ni ennui ni lassitude.
Ils proclament Sa gloire et Sa pureté la nuit et le jour sans arrêt."
Sourate 21, versets: 19 et 20.
Il dit aussi:
"La louange est à Dieu, créateur des cieux et de la terre et qui a fait des Anges des messagers pourvus d'ailes doubles, triples ou quadruples. Il ajoute à la création ce qu'Il veut..." Sourate 35, verset 1.
Il s’agit chez certains savants de croire aussi à l’existence des Djinns : qui sont des êtres créés de feu, leur père est Iblîs (Satan) qui a désobéit à Dieu. Les Djinns ont leurs sociétés et leurs modes de vie : ils peuvent être musulmans ou non : voir : Sourate : al-djinn.

[4] Le musulman croit aux arrêts de Dieu, à Sa sagesse et à Sa volonté.
Tout ce qui arrive à l'homme et toute action effectuée par ce dernier sont connus par le Seigneur et ne peuvent échapper à Sa volonté.
L'homme croyant est sûr de la justice divine et dans ce que Dieu décide.
La sagesse d’Allah est inhérente à Sa Volonté. Tout ce qu'il veut se réalise, jamais le contraire. Il n'y a de puissance ni de force que par Lui et de Lui.
Le prophète (paix et salut sur lui) dit :
« La formation de quiconque d'entre vous, dans la matrice de sa mère, passe par une série de stade:il est pendant quarante jours sous forme liquide. En quarante autres jours, il se transforme en élément qui s'accroche. Il devient un morceau de chair pendant les quarante jours qui suivent. A ce stade, Dieu lui envoie un ange qui lui insuffle la vie, sous son ordre, et lui assigne quatre formules:ce qu'il doit acquérir, la durée de sa vie, ses actes, sa future résidence : au Paradis ou Enfer. J'en jure par Allah, que l'un de vous suit une conduite qui le mène directement au Paradis, à peine lui reste t'il une coudée pour l'atteindre que la prédestination le fait changer de conduite, et il se verra mené droit à l'Enfer.
Par contre, il y en a qui mène une conduite de damné. A peine lui reste t'il une coudée pour être à l'Enfer que sa prédestination le fait changer, et le voilà reçu au Paradis. » (Rapporté par An-nawawî dans ses quarante hadîth.)
Le prophète (paix et salut sur lui) dit à ‘Abdallah Ibn ‘Abbâs:
« Observe la loi de Dieu, Allah te préservera. Sois lui fidèle, tu le trouveras à tes cotés. Ne demande rien à personne, ni de secours ni d'aide qu'à Lui.
Sache que si tout le monde s'unit pour te faire du bien, il ne peut t'accorder que ce que Dieu t'a réservé. S'il s'accorde à te faire du mal, il ne peut t'arriver que ce que Dieu t'a destiné. Cet arrêt est irrévocable. » (Rapporté par An-nawawî dans ses quarante hadîth.)
La raison ne juge pas impossible ce qui a trait à la prédestination, à la volonté de Dieu, à Sa sagesse et à Sa gestion du monde. Au contraire, la raison le juge inévitable et l'exige vu par les aspects apparents de cette prédestination dans ce monde.
Du moment qu'on croit au pouvoir de Dieu, cela implique la croyance en Sa décision, en Sa sagesse et en Sa volonté.
L'architecte dessine sur une petite feuille de papier le projet d'un palais, fixe la durée de son exécution puis commence à donner une forme réelle à son projet. Le palais apparaît dans les délais fixés tel qu'il a été prévu.
Alors comment méconnaître à Dieu la possibilité de prévoir le destin des créatures de ce monde jusqu'à l'Heure fatale ? Vu Sa toute Puissance à réaliser ce destin comme il a été conçu, selon la quantité prévue, sa manière d'être en son temps et lieu, Dieu étant capable de tout faire.


[5] Rapporté par Muslim : Chapitre 5, Numéro 60